Des policiers patrouillent près de la place Rouge, à Moscou, le 31 décembre 2022. Des policiers patrouillent près de la place Rouge, à Moscou, le 31 décembre 2022.

La chronique judiciaire russe oscille de l’absurde au plus tragique, à un rythme effréné. Qu’on en juge sur la dernière semaine uniquement : le 15 janvier, des poursuites sont ouvertes pour « discréditation de l’armée » contre le DJ d’un bar de Toula (au sud de Moscou) qui avait joué une chanson ukrainienne pendant les vœux de Vladimir Poutine le soir du Nouvel An ; le 17, une habitante de Crimée qui avait collé une affiche traitant de « criminel de guerre » son voisin combattant en Ukraine voit sa condamnation à deux ans et demi de prison confirmée en appel pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Le 20 janvier, un chauffeur routier de Tchouvachie, sur la rive gauche de la Volga, est condamné à 30 000 roubles (400 euros) pour « discréditation de l’armée » après avoir marqué comme « intéressantes » sur le réseau social Odnoklassniki deux vidéos, dont l’une portait sur « le vrai du faux des bombardements ukrainiens sur le Donbass depuis huit ans » ; l’homme ne peut pas payer et voit son compte en banque gelé. De simples citoyens réunissent la somme en deux jours.

Le 21, la police de Novossibirsk (Sibérie occidentale) annonce des « vérifications » concernant le directeur d’un institut technique, visé par une dénonciation au motif qu’il « inculque les valeurs du pacifisme à son fils ». Le 22, la représentante du Conseil des épouses et des mères, un collectif qui défend les droits des mobilisés, est arrêtée par la police à la suite d’une plainte pour « discréditation de l’armée », au moment où elle s’apprêtait à déposer au ministère de la défense les plaintes de 700 femmes.

Loi sur la « discréditation de l’armée »

Le 23 janvier fut une journée chargée. A Stavropol, dans le Caucase, un individu a été condamné à 3 000 roubles (40 euros) d’amende pour « diffusion de contenus extrémistes » après avoir reposté sur le réseau social VKontakte une vidéo intitulée « Rappelons aux escrocs leur programme de 2002 » qui énumère les promesses non tenues du parti au pouvoir, Russie unie. A Moscou, deux étudiants qui avaient déposé des bonbons au pied de la statue de la poétesse ukrainienne Lessia Oukraïnka, transformée en mémorial improvisé aux victimes du bombardement de Dnipro du 14 janvier, sont condamnés à 55 000 roubles (735 euros) d’amende chacun selon la loi sur la « discréditation de l’armée ». Très employée depuis son adoption au mois de mars 2022, cette dernière a déjà été utilisée dans 5 200 affaires environ, contre près de 300 pour les faits de « diffusion de fausses nouvelles concernant l’action de l’armée ».

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lien source : Dernières nouvelles de la répression en Russie : la mère condamnée pour un like, le fils pour un rêve

By RebeccaW

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